»
La domination des castes au Népal : une réalité peu évoquée
Un problème profondément ancré dans la société népalaise
Le Népal, petit pays niché au cœur de l’Himalaya, est souvent perçu comme un lieu paisible et spirituel, où la religion et la philosophie bouddhiste règnent en maîtres. Cependant, derrière cette image idyllique se cache une forme de domination dont peu de Népalais parlent ouvertement : la suprématie de la caste des bahun et dans une moindre mesure, celle des chhetri. Ce système de castes, hérité de l’hindouisme, a longtemps été ignoré par les maoïstes, pourtant acteurs majeurs de la lutte pour l’égalité sociale dans le pays.
Une hiérarchie sociale omniprésente
Le système de castes au Népal est basé sur une hiérarchie sociale stricte, déterminée par la naissance. En haut de l’échelle se trouvent les bahun, la caste des brahmanes, considérés comme les détenteurs du savoir et de la spiritualité. En deuxième position se trouvent les chhetri, la caste des guerriers. En bas de la hiérarchie, se trouvent les dalits, également appelés « intouchables », considérés comme impurs et condamnés à exercer les métiers les plus méprisés au sein de la société.
Une discrimination insidieuse
Malgré la proclamation de l’égalité entre les castes par la Constitution népalaise de 2015, la discrimination basée sur les castes persiste dans de nombreux domaines. Les bahun et les chhetri occupent une grande majorité des postes à responsabilités dans la politique, l’économie et l’éducation, laissant peu de place aux autres castes. Les dalits, quant à eux, souffrent de discriminations dans l’accès à l’éducation, à l’emploi et même au logement.
Le saviez-vous ?
Selon une étude de l’ONU de 2011, les dalits représentent environ 13% de la population népalaise et sont victimes de trois fois plus d’inégalités en matière d’éducation, de santé et de revenus que les autres castes.
Les maoïstes, acteurs insuffisants de la lutte contre les inégalités
Les maoïstes ont longtemps été perçus comme les défenseurs de l’égalité et de la justice sociale au Népal. Cependant, lors de leur révolution en 1996, ils ont ignoré la question des castes, estimant que la lutte contre les inégalités économiques suffirait à résoudre les autres problèmes sociaux. Cette négligence a été source de tensions avec les autres communautés, notamment les dalits, qui se sentaient exclus de la lutte pour le changement.
Les voix de la révolte
Malgré cette discrimination institutionnalisée, certains Népalais se lèvent pour dénoncer cette hiérarchie sociale injuste et promouvoir l’égalité pour tous. Des associations militent pour la défense des droits des dalits et des personnalités politiques, telles que la députée Binda Pandey, se battent pour une représentation plus équitable des castes dans la vie politique.
Le saviez-vous ?
En 2015, Bidhya Devi Bhandari, issue de la caste des chhetri, est devenue la première femme présidente du Népal.
Mettre fin à la domination des castes : un défi pour l’avenir du Népal
Si de nombreux progrès ont été réalisés ces dernières années, la lutte contre la domination des castes au Népal est encore loin d’être gagnée. En plus des discriminations, ce système entraîne également des conflits et des tensions entre les différentes communautés, menaçant l’unité nationale. Les pouvoirs publics doivent agir davantage pour lutter contre cette hiérarchie sociale et promouvoir une véritable égalité entre tous les Népalais, quelle que soit leur caste.
Inspiré de la lecture de « Népal : une révolution incomplète » du média Le Monde Diplomatique.
Source :
https://www.monde-diplomatique.fr/2025/04/
